La prise en charge des migraines peut s’avérer complexe, notamment en raison des difficultés liées à l’accès aux soins. Une évolution a toutefois été annoncée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (l’ANSM) le mois dernier, visant à faciliter l’accès à un médicament destiné au traitement de la migraine : le Topiramate.
Qu’est-ce que le Topiramate ?
Le Topiramate, générique de l’Epitomax, appartient à la famille des antiépileptiques. Bien qu’initialement développé pour traiter l’épilepsie, ce médicament s’est également révélé efficace dans la prévention et le traitement des migraines chez l’adulte. Il contribue notamment à espacer les crises, améliorant ainsi la qualité de vie des patients.
Risques notables
Comme tout traitement, le Topiramate comporte des effets secondaires. Néanmoins, une vigilance particulière est requise chez les femmes enceintes ou susceptibles de procréer , en raison de risques significatifs pour l’enfant à naître. Il s’agit principalement de :
- Risque de malformations congénitales majeures, environ trois fois supérieur à la moyenne, atteignant jusqu’à 9,5 %.
- Risque de troubles neurodéveloppementaux deux à trois fois plus élevés, incluant des troubles du spectre autistique (jusqu’à 6 %), une déficience intellectuelle (jusqu’à 8 %) et des troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).
- Retard de croissance, avec notamment un faible poids à la naissance.
Un encadrement rigoureux
Au regard de ces risques, le Topiramate est contre-indiqué en prévention de la migraine chez les femmes en âge de procréer ne recourant pas à une méthode de contraception hautement efficace. Sa mise en place doit donc être envisagée au cas par cas et réévaluée régulièrement.
Sa prescription à visée préventive peut toutefois être possible chez les femmes susceptibles d’avoir des enfants sous couvert du respect de certaines conditions strictes comme la présentation d’un test de grossesse négatif avant l’initiation du traitement ou encore la prise d’une contraception hautement efficace durant toute la durée du traitement et pendant au moins quatre semaines après son arrêt.
Davantage de prescripteurs
Depuis 2022, seules certaines catégories de médecins – neurologues et pédiatres – étaient autorisées à initier le Topiramate pour les adolescentes, femmes enceintes ou en âge de procréer. En d’autres termes, tous les autres médecins, y compris les spécialistes de la prise en charge de la douleur, ne pouvaient pas prescrire ce médicament à leurs patientes migraineuses.
Cependant, depuis le 6 janvier 2025, l’ANSM a élargi ces conditions. Désormais, tous les médecins compétents en douleur , c’est-à-dire ceux disposant de diplômes spécialisés supplémentaires, d’une formation spécialisée transversale ou d’une validation des acquis de l’expérience, peuvent prescrire ce médicament. À noter que tout médecin, spécialisé ou généraliste, peut effectuer le renouvellement de l’ordonnance au cours de l’année.
Modification des documents de consentement
Autre mesure effective au 6 janvier 2025 : le formulaire d’accord de soins est remplacé par une attestation d’information partagée. Ce document vise à s’assurer que les risques liés à la prise de ce traitement pendant la grossesse sont bien compris par la patiente. Sa signature doit être renouvelée chaque année. Les patientes sans risque de grossesse ou présentant une stérilité définitive doivent quant à elle uniquement compléter le feuillet 1 de l’attestation.
Les patientes utilisant déjà ce traitement peuvent conserver leur formulaire actuel jusqu’à la fin de sa validité annuelle. Présenter l’attestation d’information partagée datant de moins d’un an demeure une condition obligatoire pour obtenir son traitement en pharmacie . Le pharmacien se doit d’informer la patiente des risques relatifs à ce traitement au cours de la délivrance.
En somme, les récentes modifications instaurées par l'ANSM témoignent d'un équilibre entre élargir l'accès au traitement et maintenir une sécurité optimale pour les patientes. Le Topiramate représente ainsi une option thérapeutique aux avantages significatifs, mais nécessitant une information claire sur les risques, notamment pour les femmes en âge de procréer. Par ailleurs, au-delà des traitements médicamenteux, il demeure intéressant de continuer à explorer les solutions naturelles et complémentaires dans le traitement de la migraine. Pour une approche préventive douce, vous pouvez également découvrir le MIG SPRAY, un spray nasal naturel conçu pour la prévention des migraines.
Références :
Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. (13 décembre 2024). Topiramate (Epitomax et génériques) : évolution des conditions de prescription et de délivrance pour améliorer l’accès aux soins des femmes souffrant de migraine. https://ansm.sante.fr/actualites/topiramate-epitomax-et-generiques-evolution-des-conditions-de-prescription-et-de-delivrance-pour-ameliorer-lacces-aux-soins-des-femmes-souffrant-de-migraine
Vidal. Topiramate. https://www.vidal.fr/medicaments/gammes/topiramate-sandoz-41337.html
